Logo Apple 150x150 Voici les quatre raisons pour NE PAS investir dans APPLE ! Bonjour à tous chers lectrices et lecteurs,

 

Au cours des 2 ou 3 dernières années qui viennent de s’écouler APPLE a reçu un écho des plus favorables dans la presse professionnelle concernant l’investisssement en bourse. En 5 ans, l’action est passé de 150 dollars à 460 dollars aujourd’hui malgré une chute récente de plus de 35 %. Les croissances du chiffre d’affaire, bénéfices et cash-flows ont suivi la même tendance et pourtant je pense que cette valeur n’est pas intéressante pour un investissement pérenne et rémunérateur. Je vous en expose les quatre raisons principales.

 

I / APPLE ne possède pas d’avantage compétitif durable (durable competitive advantage).

 

Certes APPLE possède une position forte et de leader sur tous ses marchés:

  • Tablettes: La part de marché d’APPLE est deux fois celle de son plus proche rival, Samsung … (lien pour les anglophones)
  • Smartphones: APPLE est troisième mais le prix moyen de ses produits est bien supérieur à ses concurrents (lien pour les anglophones)
  • Position de leader avec I-Tunes pour le téléchargement légal de musique.

Mais APPLE évolue dans un secteur, la production de biens (et un peu de services) de haute technologie, dans lequel tout avantage compétitif ne peut être durablement acquis puisque le succès repose fondamentalement sur un renouvellemt réussi et rapide de l’offre existante à tel point que la gamme de produits d’aujourd’hui ne ressemble en rien à celle d’il y a 10 ans. Dans ces conditions il est clair que le consommateur peut changer de « fournisseur » en un clin d’oeil et donc que l’entreprise ne possède en fait qu’une avance très réduite par rapport à ses concurrents.

Et même si l’on argue qu’Apple, de part sa culture d’entreprise, possède un avantage en produisant vraiment les meilleurs produits du monde et ayant des clients loyaux il n’en reste que l’avantage compétitif n’est pas durable pour les deux raisons mentionnées ci-dessus: renouvellement de l’offre très rapide et possibilité assez faible de retenir de le consommateur.

Pour pousser le raisonnement à fond voici un extrait traduit par mes soins d’une interview de Warren Buffett sur CNBC à propos de l’avantage compétitif durable d’IBM. Je l’ai choisi car IBM évolue aussi dans le secteur des nouvelles technologies à ceci près que le consommateur (ici du Business to Business, c’est à dire que les entreprises sont clientes) a de bonnes raisons de rester loyal à cette marque. En voici la raison principale:

Et si vous y réfléchissez, je ne veux pas pousser l’analogie trop loin car elle pourrait être poussée trop loin. Mais, vous savez, on travaille avec un auditeur donné, avec un cabinet d’avocats donné. Cela ne veut pas dire que l’on est systématiquement satisfait de tout ce qu’ils font mais cela est une décision lourde de conséquences pour une grosse entreprise de changer d’auditeurs, de cabinets d’avocats. Les services informatiques, vous savez nous en savons des douzaines et des douzaines à Berkshire … Et cela ne veut-et cela ne veut pas dire que cela ne changera pas mais simplement qu’il y a une continuité dans leur emploi. Et puis je pense que lorsque vous parcourez le monde, IBM, lors du dernier trimestre, a enregistré une croissance à deux chiffres dans 40 pays. Alors je peux imaginer, quelque soit le pays, que si vous êtes en train de faire grossir votre département IT vous vous sentirez plus à l’aise avec IBM qu’avec beaucoup d’entreprises.

En effet, je trouve que chez APPLE, malheureusement, en ayant un horizon d’investissement (très) long-terme, la sortie de nouveaux produits ne peut certifier une croissance durable des résultats amenant une création de valeur pour les actionnaires contrairement à une entreprise comme IBM. La probabilité que la création de valeur soit la même que par le passé est bien trop faible (Voir la section IV/ Risk Management).

 

II / Steve Jobs n’est plus là.

 

Même si Tim Cook (le PDG) et Jonathan Ivy (le chef designer) sont toujours aux manettes ainsi que toute une fidèle équipe de vice-présidents APPLE n’aurait jamais existé sans le génie créateur de Steve Jobs. Or ce dernier est décédé il y a plus d’un an et demi. Ainsi quelque soit le talent des équipes actuelles chez APPLE je pense que le dévéloppement de futurs produits stars, c’est à dire le fondement du succès d’APPLE, sera largement entravé par cette perte.

Steve Jobs était en quelque sorte l’avantage compétitif durable !

 

III/ Apple ne redistribue pas son cash-flow aux actionnaires … ou trop peu !

 

Le 23 janvier 2013, pour la première fois de son histoire, APPLE a distribué un dividende cash de 2,65 $ par action; soit environ un rendement de 0,5 % avant impôts. Hormis ceci pas de dividendes prévus. Cette politique de non-redistribution de la richesse aux actionnaires est un héritage de la période Steve Jobs.

Et quand bien même une redistribution du « trésor de guerre » accumulé (une grosse centaine de milliards de dollars en une dizaine d’années) est initiée cela ne suffirait pas à justifier d’un investissement dans Apple dans la mesure où l’avantage compétitif durable n’est pas présent, condition indispensable à la réalisation d’un succès en bourse sur le long-terme.

Deuxièmement la firme n’a que très récemment décidé d’entamer un programme de rachats d’actions ayant, je cite une dépêche d´APPLE, pour objectif primaire de neutraliser la dilution entraînée par la distribution d’actions gratuites ou de stocks options aux salariés et non de réduire le nombre d’actions circulant et donc augmenter mécaniquement le résultat par action, soit la valeur crée pour chaque détenteur de titre. Pour plus d’explications sur cette logique, consultez mon article sur ce même blog concernant les programmes de rachats d´actions.

 

IV / Risk-management.

 

Pour conclure je dirais qu’une décision d’investir doit se prendre à l’aune des risques encourus. Cela paraît relativement trivial mais sous couvert d’une phrase banale les conséquences sont plutôt importantes si l’on en suit le sens.

Je m’explique ! À mon humble avis la probabilité qu’APPLE, étant donné le secteur dans laquelle elle évolue et le pouvoir qu’elle a envers les consommateurs, puisse continuer sans Steve Jobs à enregistrer des résultats en constante progression sur le long-terme est bien trop faible pour décider d’y mettre un quelconque euro ou dollar …

 

Attention mon propos n’était pas tailler en pièces l’immense succès de cette compagnie mais simplement de donner les quatre raisons pour lesquelles je ne veux pas acheter ses actions.

 

ET VOUS VOUS INVESTIRIEZ DANS APPLE ?
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