Que choisir entre une obligation et une action ? (1/3)Bonjour à tous fidèle lectrice et lecteurs,

 

Grâce à ce blog je veux aider chacun à mieux connaître le monde de l’investissement en bourse pour mieux appréhender ses règles et les comprendre pour gagner (plus).

C’est pourquoi aujourd’hui je commence une série de trois articles pour expliquer la différence entre les obligations et les actions, deux des produits financiers les plus répandus. Je pense que comprendre leur fonctionnement est fon-da-men-tal avant de penser à investir en bourse. Alors jettons nous à l’eau dès maintenant.

Afin de vous faciliter la lecture voici une série de trois articles structurée :

 

1/  Les fondamentaux d’une action avec un cas pratique.

2/ Les fondamentaux d’une obligation avec un cas pratique.

3 / Que choisir entre obligations et actions ?

  

Les fondamentaux d’une action avec un cas pratique

 

Une action est une part des capitaux propres d’une entreprise; plus précisément une part du capital social d’une entreprise cotée. A ce titre les actions sont une source de financement pour les entreprises cotées tout comme les titres de créances (emprunts bancaires. obligations etc.).

 

Les caractéristiques d’une action

 

Cependant les actions se différencient considérablement des titres de dette (obligations, emprunts bancaires classiques) dans la mesure où:

  • leur durée de vie est illimitée
  • chaque action, classiquement, octroit un droit de vote. Il existe des distinctions à ce niveau car il peut exister des actions sans droits de vote et des actions dont les droits de vote sont renforcés. Par exemple, pour Facebook, la catégorie A des actions (« Class A common stock ») jouit d’un droit de vote par action alors que la catégorie B des actions (« Class B common stock ») jouit de 10 droits de vote par action !
  • le porteur de l’action prend le risque que l’entreprise fasse défaut. On nomme ce risque le risque total de l’entreprise. En contrepartie il recoit après approbation de l’Assemblée Générale des Actionnaires et sur proposition du Conseil d’Administration une partie des bénéfices sous forme de dividendes. Evidement son montant et son versement sont conditionnés aux possibilités financières de l’entreprise.
  • De plus le porteur de l’action peut revendre son action et enregistrer une éventuelle plus-value. C’est d’ailleurs un des principaux attraits de l’action avec le dividende.

 

On voit donc que les caractéristiques des actions restent fondamentalement basées sur les mêmes principes mais peuvent être modulées en fonction des désirs de l’émetteur. On verra ainsi plus loin qu’il existe des titres hybrides qui conjugent, au cours de leur durée de vie, actions et obligations.

  

Illustration de ces caractéristiques avec Danone.

 

Pour bien illustrer tout cela prenons le cas de Danone. Aujourd’hui, 28 août 2012 à 10 heures 28, l’action peut être achetée au prix unitaire de 50,9 euros sur la place de cotation appelée NYSE Euronext Paris. Etant donné qu’il s’agit d’une valeur appartenant au CAC 40 le carnet d’ordres, carnet enregistrant les demandes d’achats et de ventes d’une action donnée, est assez fourni pour permettre à n’importe quel particulier de passer un ordre d’achat et de vente dans une fourchette de prix extrêmement réduite.

Le nombre de titres (=d’actions) est de 643 162 000. La capitalisation boursière est donc d’environ 32,74 milliards d’euros au 28 août 2012 (nombres de titres * prix unitaire).

Le dividende pour 2011 était de 1,39 euros soit un rendement brut par rapport au prix actuel de 2,73 %.

En jetant un coup d’oeil rapide au bilan de la société on voit qu’au 31 12 2011:

  1. le montant des capitaux propres de la société est de 12,2 milliards d’euros
  2. le montant des dettes financières  (courantes et non-courantes) de 8,92 milliards d’euros.

 

Ici je souhaite vivement apporter une précision comptable relevant aussi de l’analyse financière, peut-être un plus ardue, mais qui a toute son importance pour bien interpréter les états financiers d’une entreprise et donc mieux investir en bourse.

Si les actions (avec les titres de dettes) servent à financer l’entreprise pourquoi est-ce que les capitaux propres dans lesquelles sont inscrites les actions sont inférieurs à la valeur des actions au total, c’est à dire pourquoi est-ce que la capitalisation boursière est supérieure aux capitaux propres ?

Tout simplement parce que les capitaux propres comptabilisent (entre autres) tout l’argent apporté par les actionnaires au moment de l’émission des actions.  Actions dont le cours augmente au fur et à mesure de la vie de l’entreprise. Cela est particulièrement vrai si l’entreprise existe depuis plusieurs dizaines d’années. C’est pourquoi le montant des actions inscrites dans les capitaux propres est inférieur à la capitalisation boursière.

Par exemple, fin mai 2009 Danone a procédé à une augmentation de capital en créant de nouvelles actions pour un montant de 24,73 euros par action pour 123 236 352 actions nouvelles soit environ 3 milliards d’euros. La société a donc augmenté d’autant ses capitaux propres.

Nous venons d’aborder les principales caractéristiques d’une action, venons maintenant aux principaux risques liés à une action, risques à prendre en compte lors d’un investissement en bourse.

  

Les risques liés à une action

 

Par souci d’efficacité je ne vous présenterai pas les risques théoriques et les formules mathématiques associées qui ne servent à rien pour gagner de l’argent en bourse dans la mesure où les hypothèses sur lesquelles elles reposent sont nulles. Par exemple une des hypothèses de la doctrine encore en vigueur aujourd’hui stipule que les investisseurs sont tous rationnels et disposent du même degré d’information … Sans commentaires ….

Heureusement ce n’est pas le cas sinon nous ne pourrions pas gagner de l’argent car avoir l’information c’est bien, savoir l’interpréter correctement c’est mieux et même nécessaire !

Après cette brève disgression venons aux risques associés à une action d’un point de vue pratique.

 

De manière générale on peut en distinguer deux:

  • le risque de marché ou risque systémique
  • le risque intrinsèque lié à une entreprise en particulier

 

Le risque de marché ou risque systémique

 

Le risque de marché représente le risque qui, lorsqu’il se matérialise, touche toutes les actions d’un secteur ou tous les marchés financiers de manière générale. Typiquement un krach boursier ! C’est pourquoi des investisseurs tels que Warren Buffet prennent en compte ce risque systémique lors qu’ils investissent sous forme de probabilités.

Par exemple il est de notoriété publique que le côte ouest des Etats-Unis connaîtra de nouveau un jour un tremblement de terre du type de celui-ci de 1906 qui a touché San Fransisco. Celui-ci mettra à genoux les marchés financiers. Mais la probabilité qu’il provoque un effondrement fatale des marchés financiers est très réduite. Donc cela n’empiète pas sur l’opportunité d’investir en actions. Ce type de risque de marché est à connaître et à prendre en compte. Un peu « the worst case scenario »: le pire des cas.

En revanche un autre type de risque de marché est plus problématique: le risque politique qui se matérialiserait, par exemple, par l’effondrement d’une monnaie. On pense à l’euro en ce moment. Même s’il est (très) faible il est à prendre en compte car ce risque peut provoquer de sérieuses pertes chez les investisseurs. Cependant aujourd’hui la situation politico-économique des pays occidentaux est suffissament stable pour que ce type de risque ne soit pas rédhibitoire. A condition de ne pas faire des placements exotique souscrire à des emprunts de l’Etat grec ! Mais cela rejoint alors la seconde catégorie: le risque intrinsèque, c’est à dire propre à l’entreprise; ici à l’Etat grec.

  

Le risque intrinsèque

 

En fait, le risque propre à l’entreprise est le seul véritable risque que supporte un investissement en action.

Les raisons sont simples: les risques systémiques de toute nature sont inévitables: crise économique, catastrophes naturelles etc. mais ils n’ont pas empêché l’économie de connaître une formidable progression ces cents dernières années.

Or comme seul un investissement long-terme est valable et réalisable pour un particulier sans ressources qui le privilégie (matière grise mathématique de haut-vol, terminaux placant des ordres à la milli-secondes etc.) le risque systémique ne pose pas de véritable problème. Il faut simplement savoir qu’il existe.

 

Quant au risque intrinsèque que la théorie économique met en avant: la volatilité des actifs financiers de manière générale et donc des actions en particulier, il est obsolète.

En effet en investissant sur le futur d’un business sain, sur le long-terme, ce risque est proche de zéro car il est incroyablement plus difficile de savoir si une entreprise formidable verra le prix de son action baissé la séance de bourse suivante que de savoir si celui aura augmenté dans 20 ans. D’où le fait que la volatilité est un risque obsolète en investissant de cette manière.

En fait une entreprise intéressante dont le prix à plus baissé que le marché à cause de la crise financière serait une mauvaise affaire selon la théorie économique car la volatilité est importante. ABSURDE et sans doute le meilleur moyen de perdre l’argent.

 

Donc le seul vrai risque que supporte l’actionnaire (relisez mon article sur les similarités entre actions et immobilier pour en savoir plus) est le risque lié à l’entreprise elle-même !

A savoir: est-ce que ce business sera, dans 15, 20 ou 30 ans encore une superbe entreprise et donc aura économiquement progressé, donc procuré à ses actionnaires un rendement supérieur aux marchés ?

Par conséquent, pour moi, le seul vrai risque est de se tromper sur l’analyse et l’interprétation des états financiers et de l’environnement des entreprises dans lesquelles on investit.

 

Pour les anglophones vous pouvez lire ce PDF. Il s’agit d’une analyse de Buffett sur le risque et l’investissement en bourse.

Concernant la fiscalité des actions je ferai prochainement un article sur le sujet étant donné sa relative complexité pour un support financier pourtant basique. Il faudra distinguer le régime fiscal propre aux dividendes et celui régissant l’imposition des plus-values.

 

J’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à laisser un commentaire je suis en effet curieux de voir si vous considérez le risque comme moi, à contrario de la théorie économique en vigueur !

  

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