Investissez vous comme Warren Buffet? (2/2)Bonjour à tous chères lectrices et chers lecteurs!

 

Voici la deuxième partie de notre article concernant la méthode d’investissement de Warren Buffet et la vôtre !

 

Aujourd’hui nous continuons d’analyser la manière dont le légendaire investisseur s’y prend pour gagner de l’argent et comment nous pouvons l’appliquer nous-mêmes.

 

 

III/ Considérer une entreprise pour sa valeur intrinsèque et non sa valeur aux yeux du marché / des autres.


Il s’agit là d’un biais psychologique bien connu des investisseurs: lorsqu’une valeur devient à la mode les amateurs comme les professionnels s’empressent de l’acheter pour des raisons diverses qui mènent à la catastrophe ou tout du moins des performances mitigées  (bullet Internet des années 2000 etc.) … :

  • parce que le voisin, le collègue ou un ami / des amis en ont en portefeuille.
  • ou parce que le banquier le conseille.

Cela semble assez trivial mais qui ne connait pas quelqu’un ayant déjà investi en bourse au début des années 2000 avant l’explosion de la bulle internet parce que cela montait ! Malheureusement les arbres ne grimpant pas jusqu’au ciel beaucoup ont perdu des montants importants à cette période. Ce qui n’a pas manqué de dissuader bon nombre de français de réinvestir en bourse. Il suffit pour s’en convaincre de poser la question à des actionnaires d’Eurotunnel ou de France Télécom.
Concernant Eurotunnel le cours d’introduction en 1987 fut de 7,9 euros et après une brève phase d’augmentation grimpa et atteignit 20 euros pour mieux redescendre. Aujourd’hui il est proche de 9 euros …

 

Eurotunnel était et est une formidable aventure; néanmoins les investisseurs ont mal compris l’équation économique en surestimant son potentiel commercial; c’est à dire sa valeur intrinsèque en tant que business et ce qu’il peut rapporter et la manière dont l’argent est gagnée.
D’où l’importance capitale d’avoir un historique fiable et des informations assez précises pour juger de la valeur d’une firme en prenant du recul.

 

Par exemple est-il sensé qu’une entreprise soit évaluée en grande partie sur son chiffre d’affaires, sur son appartenance à un tel ou tel secteur (par exemple les nouvelles technologies) et non pas essentiellement grâce à une analyse plus saine comme la croissance de son CA et de ses marges, sa position sur son marché, la qualité de son management etc ?

 

Prenons un simple exemple qui est aussi un exemple simple: l’épicerie du village.


Imaginez une bourgade de 1000 habitants qui fait, peu ou prou, office de ville-dortoir pour la grosse agglomération du département, là où il y a les emplois, à 30 kms. Celle-ci possède une épicerie et est traversée par un axe routier passant.

Maintenant figurez-vous que l’épicier est très commerçant (composante management de notre analyse) qu’il fait bien coller son offre au marché en ouvrant le dimanche matin, en devenant relais-colis ce qui lui amène du trafic etc. (composante produit de notre analyse). Figurez-vous aussi que son épicerie sur le bord de cet axe routier est fréquentée non-seulement par les habitants de la bourgade mais aussi visitée par un grand nombre d’habitants des environs ou simples gens de passages et que la boutique est la seule de ce type dans le village (place de l’entreprise sur le marché). Alors il est certain que le magasin fonctionnera mieux que s’il est excentré, que si le commerçant ne l’est pas vraiment donc n’adapte pas ses horaires d’ouverture à sa clientèle (attention je ne dis pas qu’il faille ouvrir jusqu’à 23 hrs, j’anticipe ici une polémique politique stérile gauche-droite … ), ne propose pas les bons produits, n’est en situation de monopole sur son micro-marché etc.

 

Après avoir considéré tout cela reste à savoir si son business, par essence, est intéressant, c’est à dire génère grâce à sa position sur un marché donné des marges élevées et récurrentes avec des possibilités de croissance. Par sûr que cela soit le cas avec une épicerie dans la campagne qui survit plus qu’elle ne vit.

 

Fondamentalement, d’un point de vue strictement financier (je l’écris ici, aussi, pour éviter une stupide polémique) le business d’une épicerie de village aujourd’hui n’est pas intéressant ou plutôt, reformulé correctement investir dedans est dangereux, n’est pas intéressant car les bases d’une entreprise rémunératrice pour ses propriétaires est ici bien trop faible.

 

Ceci est un exemple qui se veut simple pour illustrer le concept de valeur intrinsèque d’une entreprise; c’est à dire sa valeur au regard de ses fondamentaux et non à la vue des croyances / opinions des autres, du marché (financier). Nous comprenons ici que seule une entreprise aux bases solidement prouvées est un investissement viable (voir l’article précédent pour plus de développement sur ce concept de bases solides et sur lequel repose TOUS les investissements de Buffett).

Or, et c’est bien la conclusion du raisonnement, une majorité de gens connaissent la réalité de l’épicerie de quartier ou du village: même si le boulot est bien fait difficile d’être rentable avec ce type de business et il est fort à parier que la foule ne se bousculerait pas pour investir dedans si l’opportunité se présentait. En revanche pour les mêmes raisons les investisseurs se reposent plus sur des croyances (ce qui brille est d’or par exemple), sur la croyance du marché, sur l’opinion des autres que plutôt sur une recherche de l’information de bonne qualité pour décider d’un investissement en prenant du recul. Plus facile à dire qu’à faire mais qui ne tente rien n’a rien!

 

Pour l’expliquer les raisons sont nombreuses: fainéantise, ignorance, peur de gagner de l’argent, peur de se tromper, tabou social etc.

D’où le fait qu’il faille chercher à comprendre la valeur intrinsèque d’une entreprise pour éviter les pièges énoncés ci-dessus. 

 

 

IV/ Se laisser une marge de sécurité en investissant.

 

Le concept est relativement basique et va de paire avec le fait qu’il ne faille pas s’endetter pour acheter des actions, au moins pour les amateurs que nous sommes.

 

Lorsque des ingénieurs conçoivent un pont devant supporter 1000 tonnes ils le construisent avec une marge de sécurité, par exemple 1300 tonnes et non 1001 tonnes. Il en est de même avec les investissements dans une société: l’achat d’une action est valable s’il existe une marge de sécurité quant à la réalisation d’une plus-value donc si les performances économiques de l’entreprise ne sont pas totalement au rendez-vous. En effet l’environnement macro-économiques (c’est à l’économie en général) peut affecter de manière imprévue et impressionnante les comptes et résultat d’une firme même si celle-ci est solide. Il faut donc une marge de sécurité.

 

Attention cela ne signifie pas que l’on peut investir dans une compagnie dont les fondamentaux moyens amèneraient, éventuellement, à faire une plus-value mais plutôt investir dans ce qu’on pense sain et qui même dans des conditions de marché particulièrement difficiles fera tout de même gagner de l’argent.

 

Par exemple une entreprise dont la solidité financière augmente chaque année depuis 20 ans, qui est leader dans son marché et vendue à un prix raisonnable (vous aurez reconnu l’investissement de Buffett dans Coca-Cola) présente une marge de sécurité évidente dans la mesure où la probabilité de perdre de l’argent est assez faible.

Prenons l’exemple d’une banque saine dont la trésorerie nette (c’est à dire le cash disponible moins toutes les dettes) représente deux fois la capitalisation boursière (c’est à dire que le cash moins toutes les dettes est égal à deux fois le prix de l’action) et qui peut sans problème supporter une récession sévère alors la marge de sécurité est largement présente.

 

J’espère sincèrement que ce principe de marge de sécurité, exposé ci-dessus et absolument indispensable pour faire des investissements sains est clairement expliqué.

 

 

V/ Ne pas se diversifier à outrance, ne pas avoir un portefeuille de 50 actions.

 

Il s’agit d’une idée assez simple et intuitive qui pourtant rencontre une opposition certaine et totalement injustifiée : le risque et la rentabilité sont une fonction décroissante du nombre d’actions et de leur poids respectifs dans votre portefeuille. Autrement dit: plus vous avez des actions sans qu’aucune ne représente une part importante de vos placements boursiers, par exemple 20 actions dont le poids est de 5 % du portefeuille chacune, plus le risque de perdre plus que le marché est faible. Logiquement si vous multipliez les placements le risque décroit MAIS il en est de même pour la rentabilité qui ne pourra, mathématiquement, être supérieur à celle du marché à moins que vous soyez génie parmi les génies et réussissiez à faire beaucoup de placements à la Buffett … que Buffett lui-même … D’où le « mathématiquement » dans la phrase précédente.

 

Pour rappel et pour les sceptiques on peut grossièrement diviser l’investissement en bourse en deux catégories:

  • l’analyse fondamentale qui est celle que nous utilisons, celle de Buffett et qui base son raisonnement sur les différents aspects financiers et business d’une entreprise: sa santé financière, la qualité de son management etc…
  • l’analyse technique qui ne prend pas du tout en compte les éléments ci-dessus mais seulement le parcours graphique d’une action sur lequel elle base son analyse et son jugement positif ou non concernant une entreprise. Elle peut donc faire intervenir à haute dose.

 

Par conséquent dans l’investissement à la Buffett il ne faut pas hésiter à concentrer ses investissements sur un petit nombre de valeur (en pratique moins de 5) pour 80 % du portefeuille. Aujourd’hui seulement 10 entreprises représentent plus de 80 % du poids de son portefeuille d’actions  valant près de 100 milliards de dollars …

 

Conclusion

 

Je ne rappellerai pas ici les grands principes énoncés ci-dessus car les deux articles me semblent suffisamment clairs pour retrouver facilement une information que je ne ferais que répéter ici.

En revanche je souhaite mentionner le fait que ces principes constituent tout simplement la base de tout investissement en bourse pour chaque amateur basant son analyse sur la réalité économique de l’entreprise. It is as simple as that !! 

 

ADRIEN
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